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3 novembre 2009

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A l’identité nationale, je préfère la citoyenneté républicaine

Le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale a officiellement lancé hier le grand débat sur l’identité nationale. On peut débattre de tout et je ne suis pas de ceux qui considèrent qu’un sujet ou un autre serait tabou dans le débat public. En revanche, je reste vigilant quant au moment, à l’approche et au contenu.

Le moment qui a été choisi est le pire possible. Il s’agit clairement de lancer la campagne des élections régionales sur un thème mobilisant l’électorat de droite le plus conservateur. Ce fameux électorat qui a été ébranlé par les affaires Jean Sarkozy à l’EPAD et Frédéric Mitterrand, et dont le gouvernement craint qu’il le sanctionne durement au printemps prochain.

L’approche qui a été retenue est dangereuse. Lier la question de l’immigration à celle de l’identité nationale était déjà particulièrement pervers. Mais y ajouter de vieilles notions comme celle de la « terre » est nauséabond et rappelle les pires heures de notre histoire. La boîte de Pandore est ouverte.

Quant au contenu qui est donné à ce débat, il révèle au fond un clivage ancien et profond entre la gauche et la droite.

L’identité nationale et la fierté d’être Français ne sont rien d’autre que des slogans. Je préfère donc parler de citoyenneté républicaine. Comment, en France, au 21ème siècle, vivre ensemble avec nos origines, nos conditions sociales, notre couleur de peau ? La réponse à cette question fonde justement la citoyenneté républicaine. Elle tient en deux piliers.

D’une part, l’école de la République. Une école capable de casser le destin social des plus modestes, capable de faire en sorte que les enfants n’héritent pas de la misère de leurs parents, capable de garantir l’apprentissage de la langue française à tous.

D’autre part, la laïcité. Une laïcité exigeante qui ne promeut pas les oppositions, les concurrences religieuses, mais plutôt qui permet à chacun, quelle que soit sa croyance, d’être un citoyen de la République, égal en droits et en devoirs.

Ces deux grands piliers de la citoyenneté républicaine sont la cible quotidienne du gouvernement. L’école est fragilisée par le recul de la présence du monde des adultes en son sein. La laïcité est régulièrement remise en cause par le président de la République. Le discours de Latran donnant le primat au prêtre sur l’enseignant en est le symbole.

Là où la gauche porte l’idée d’une citoyenneté républicaine en actes et au quotidien, le gouvernement bâtit une République « low-cost » qui rompt avec les fondamentaux qui font la France. Ce débat pourrait être pour les Français une première occasion de le dire. Les élections régionales seront le moment pour le répéter.

4 Commentaires Poster un commentaire
  1. hamadache
    nov 3 2009

    je suis entierement d accord ! le seul ciment qui nous unit est la nation et les valeurs de liberté , egalité et fraternité ! egalité des religions donc laicité , egalité des droits etc… !

  2. nov 3 2009

    Totalement d’accord.

    Quelle est l’identité Nationale aujourd’hui ? C’est la Liberté, la police de proximité et le juge d’instruction ; l’Egalité et l’abrogation du bouclier fiscal et la sauvegarde des services publics locaux ; la Fraternité, la laïcité et la Sécurité sociale universelle !

    Voilà l’identité Française Républicaine, celle pour laquelle nos grand-parents se sont battus, et pour laquelle ils sont parfois morts, qu’ils soient nés ou devenus Français après l’épilogue de la décolonisation.

  3. Serge SANTIN
    nov 4 2009

    Ma mère étaitune Normande, mon père un immigré Italien, j’ai épousé une demoiselle Claudia Rodrigues, née en France, sa mère née à Macao son père natif de Lisbonne, donc Portugais.
    Notre fils Julien (23 ans) né à Paris évidemment Français, ne se pose pas de questions sur sa nationalité il est Français c’est tout ! Mais il est aussi un homme du continent Européen par son mélange sanguin.
    C’est ma réponse au débat sur l’inutile et l’incohérente question de l’
    identité nationale.
    Serge

  4. nov 7 2009

    Quelle que soit sa croyance et sa non croyance… Ne laissez pas de côté les rationalistes s.v.p!

    Quand à l’identité nationale, il ne faut pas oublier que les frontières sont la marque de nos origines animales, il faut marquer notre territoire. Ça pue un peu l’urine de nos rois cette histoire…

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