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Seine-Saint-Denis : Claude Bartolone dresse son bilan

Alors qu’il s’apprête à céder son fauteuil à la tête du département, le président PS de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, dresse son bilan et encourage son successeur.

BLANDINE SEIGLE ET JULIEN DUFFÉ | Publié le 01.09.2012.

Il y a un peu plus de deux mois, Claude Bartolone, député socialiste de Seine-Saint-Denis depuis 1981, était élu président de l’Assemblée nationale. Mardi, à Bobigny, il cédera son fauteuil de président du conseil général à son premier vice-président, Stéphane Troussel. Hier matin, à l’hôtel de Lassay, il a dressé le bilan de ses quatre ans à la tête du département.

Cela fait deux mois que vous avez pris vos fonctions au perchoir de l’Assemblée. Qu’est-ce qui vous a le plus surpris?

CLAUDE BARTOLONE. La maison, je la connaissais parfaitement. La grande surprise a été la forte activité internationale liée à la dimension protocolaire de ma fonction. A peine élu, j’ai reçu la députée birmane Aung San Suu Kyi. Et cela n’a pas arrêté depuis : le président de Tunisie, les présidents des parlements de Côte d’Ivoire, de Malte, du Maroc, d’Andorre… Je suis allé à Berlin rencontrer mon homologue du Bundestag. J’irai dans une semaine à Washington pour le G8 des présidents des Parlements. En même temps, je reste un responsable politique et je veux pouvoir m’exprimer. Je dis souvent à mes collaborateurs : « Je ne suis pas la reine d’Angleterre. »Vous quitterez mardi la présidence du conseil général, quel bilan dressez-vous de votre action?
Je suis particulièrement fier de notre travail sur les collèges. Nous sommes en train de rattraper notre retard, et il y aura pas moins de quinze inaugurations de collèges d’ici à 2015. Côté petite enfance, nous avons créé 3500 places d’accueil comme nous l’avions promis, amélioré la formation des nounous, proposé une aide pour les parents qui font garder leurs enfants. Et tout cela en allant vite dans un contexte difficile. Il a fallu bousculer des tabous, par exemple avec les PPP (partenariats public-privé) pour douze collèges. On a aussi beaucoup œuvré pour le tracé du futur supermétro. Mais, ce dont je suis le plus fier, c’est d’avoir changé l’image de marque du département.

C’est-à-dire?
On ne nous voit plus comme des miséreux qui font l’aumône mais comme un département qui se bat pour l’égalité territoriale. Pendant quatre ans, j’ai porté la voix de la Seine-Saint-Denis comme de l’ensemble des collectivités territoriales. Grâce à nous, plus personne n’ignore le problème des emprunts toxiques, qui plombent les finances locales. Sur ce sujet, je suis désormais optimiste, il y aura une solution d’ici à la fin de l’année, probablement dans la loi de finances.

Quel regret avez-vous?
Je n’ai pas su trouver les mots pour convaincre le gouvernement Fillon d’agir par rapport à la situation financière de la Seine-Saint-Denis. J’aurais voulu, par exemple, que l’Etat annule le ticket modérateur, qui nous a pénalisés après la fin de la taxe professionnelle. Cela nous aurait permis d’accélérer nos investissements, beaucoup trop faibles.

Est-ce que la situation de la Seine-Saint-Denis va s’améliorer avec la gauche au pouvoir?
Je l’espère bien et je vais continuer à me battre pour cela. Côté finances, la nouvelle étape de la décentralisation, avec les états généraux des territoires cet automne, devrait permettre une meilleure péréquation des dépenses et je suis toujours persuadé qu’il faut mutualiser les dépenses sociales — RSA, allocation personnalisée d’autonomie, prestation de compensation handicap — au niveau de la région. Pour les emplois d’avenir, nous serons considérés comme prioritaires.

La Seine-Saint-Denis ne vous manque pas?
J’y suis tout le temps. J’habite toujours dans ma maison des Lilas. Je ne dors à l’Assemblée nationale que lorsque j’ai des obligations comme une séance de nuit ou une interview matinale. Finalement, j’utilise l’hôtel de Lassay comme un hôtel de province!

Vous allez continuer à jouer un rôle politique dans le département?
Tant que les militants me le confieront, oui. Et puis je reste conseiller général et je compte bien assister aux séances. Il n’est pas question de m’éloigner. On me verra toujours dans ma circonscription. D’ailleurs, ce qui me fait le plus plaisir depuis mon élection à la présidence de l’Assemblée, c’est la fierté des gens de la Seine-Saint-Denis. Quand je vais sur les marchés, je suis assailli.

Vous ne craignez pas de faire de l’ombre à votre successeur désigné, Stéphane Troussel?
Pas du tout. C’est bien Stéphane qui pilotera le département. C’est un enfant de La Courneuve qui a une vraie légitimité départementale. Il a été réélu aux cantonales, il a été un très bon vice-président. Il a réussi en tant que président de l’office HLM. Il a l’avantage d’avoir l’esprit d’équipe et plus de rondeur que moi. Il va installer un style différent et c’est bien ainsi.

Le Parisien

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