Un G20 pour rien
Au sortir de la Guerre froide, les G8, G7 et autres instances de réunion des grandes puissances économiques ont fait leur entrée en scène, et on a pu penser qu’elles introduiraient de l’ordre dans un monde déjà chahuté par les crises financières. Cet espoir, on le sait, a fait long feu. L’Europe, elle, devait être ce modèle de régulation économique, cet espace où l’exigence de compétitivité économique ne serait pas obtenue en sacrifiant la protection sociale des citoyens. Cette Europe est désormais l’épicentre de la crise. La première victime en est la Grèce où la crise des dettes publiques européennes a commencé au début 2010, mais ce sont tous les citoyens européens qui ont à subir les conséquences d’une crise bancaire doublée d’une crise de coordination des politiques au sein de l’Union européenne, c’est-à-dire d’une faillite de l’intelligence de la régulation doublée d’une éclipse de la volonté politique. C’est aux citoyens européens que l’on propose comme seule perspective, après la spirale de l’endettement, la cure d’austérité. Annoncer l’austérité à venir, c’est annoncer que l’on s’apprête à administrer la pauvreté et le déclassement social en guise de politique. Aujourd’hui, les gouvernants européens, comme les médecins chez Molière, ne conçoivent que la saignée pour remédier à l’anémie des peuples.
La droite ou le triomphe du cynisme.
Qu’elle se fasse appeler droite sociale ou droite populaire, la droite reste la droite. Et comme cette droite n’a pas de solutions à la crise, elle propose de mener une guerre contre les pauvres. Son éclaireur, le Ministre de la République Laurent Wauquiez, vient en quelques mois de mettre en cause le RSA, le remboursement des arrêts maladie et maintenant le logement social, c’est-à-dire des piliers de notre solidarité nationale. En pleine crise, alors que le chômage est à 10%, c’est annoncer aux passagers dans l’avion qu’ils vont avoir à sauter sans qu’il y ait de parachutes pour tous. Je dénonce pour ma part cette politique régressive et cynique.
Pour la droite on le sait, un bon pauvre est un pauvre condamné à la pauvreté perpétuelle. Depuis hier, c’est cette philosophie punitive qu’elle appelle en plus « le chemin pour éclairer » les Français. Alors qu’elle prive les personnes sans domiciles de solutions d’hébergement d’urgence et qu’elle envisage de priver les chômeurs de logement sociaux, il faut se mobiliser pour que cette droite là ne puisse continuer son œuvre de destruction. Entre celles et ceux qui dénoncent un « cancer de l’assistanat » et celles et ceux qui, derrière François Hollande, veulent reconstruire un espoir et un contrat social pour tous les Français, la présidentielle de 2012 va enfin permettre de trancher.
« Les mineurs étrangers isolés, ces oubliés de la République »
Tribune de Claude Bartolone Député, Président du conseil général de Seine-Saint-Denis, Bertrand Delanoë Maire de Paris et Pierre Henry Directeur général de France Terre d’asile, publiée dans Libération, le 6 octobre 2011.
Qu’il voie arriver les enfants des peuples opprimés ou ceux qui fuient la misère du monde, le gouvernement offre aujourd’hui le plus souvent une même indifférence. Ils sont ainsi quelque 6 000 mineurs isolés étrangers présents sur le territoire national, la plupart laissés à la charge des services de l’aide sociale à l’enfance des conseils généraux.
Depuis plus de soixante ans, notre pays engage pourtant sa signature sur la scène internationale en ratifiant la convention de Genève relative à la protection des réfugiés, la convention de La Haye sur la protection des enfants, ou encore la convention de l’ONU relative aux droits de l’enfant. En vertu de tels engagements, notre pays devrait donner à tout enfant isolé une protection adaptée, mais surtout toute l’assistance dont il a besoin pour s’intégrer un jour à la communauté nationale.
Mais parce que 6 000 enfants, c’est finalement bien peu, que l’argent public se fait rare, ou qu’il a fait le choix de se recentrer sur le seul traitement de la délinquance des mineurs, le gouvernement préfère laisser quelques collectivités territoriales et associations assumer seules ce devoir d’accueillir les mineurs isolés. Au mépris de ses engagements internationaux et des valeurs qu’ils consacrent, le gouvernement invoque en effet une lecture biaisée de la loi de réforme de la protection de l’enfance de 2007, selon laquelle les départements seraient les seuls responsables de l’accueil des mineurs étrangers isolés. Il ignore ainsi ses missions régaliennes, et notamment ses responsabilités au titre des politiques migratoires et d’accueil humanitaire. Il laisse à un petit nombre de départements une charge qui devrait concerner pourtant le territoire français tout entier. Lire Plus





