En finir avec la défiance que Nicolas Sarkozy a installée entre l’Etat et les collectivités
Aujourd’hui, les associations d’élus et des collectivités locales ont été « convoquées » pour une énième réunion avec le gouvernement et le chef de l’Etat. Comme à son habitude, le Président sortant cherche des boucs émissaires pour masquer son bilan désastreux.
Après les chômeurs, les étrangers, les syndicats, les 35 heures, il essaie maintenant de faire porter aux collectivités locales la responsabilité de la dette qu’il a creusée, en écrivant la fable des collectivités irresponsables et dépensières.
C’est tout simplement un mensonge d’Etat. La vérité, c’est que les collectivités totalisent moins de 10% de la dette publique, tandis qu’elles portent 75% de l’investissement public. La fameuse « règle d’or » si souvent mise en avant, cela fait longtemps que les élus locaux l’appliquent.
Les emprunts des collectivités servent à investir dans les services publics quand l’Etat se désengage. Ce sont elles qui assument désormais les crèches, les écoles, les collèges, les lycées, les routes, la culture, le développement économique, l’aménagement du territoire, le transport, la préservation de notre patrimoine historique, l’environnement… sans parler des dépenses sociales obligatoires non compensées par l’Etat.
Depuis 5 ans, Nicolas Sarkozy a installé la défiance en contribuant à leur étranglement financier. C’est un pacte de confiance entre l’Etat et les collectivités qu’il faudra rebâtir après le 6 mai avec François Hollande. Cela passe par plus de respect démocratique, plus de justice, plus d’égalité et plus de solidarité financière entre les territoires.
La régression de Nicolas Sarkozy vers le monologue social
Dès aujourd’hui, une loi va permettre aux employeurs d’abaisser le temps de travail et la rémunération sans l’accord explicite des salariés. Concrètement, un salarié pourra être contraint d’accepter des modifications de son temps de travail susceptibles de perturber sa vie familiale et personnelle, sous peine d’une sanction pouvant aller jusqu’au licenciement.
Le Président sortant achève donc de tourner le dos à un dialogue social qu’il prétendait encore respecter dans son allocution du 29 janvier. Les accords compétitivité vont s’imposer sans négociation avec les interlocuteurs sociaux, et l’austérité sans la moindre concertation avec les salariés.
Avec ce texte de loi, le dialogue social est une nouvelle fois piétiné, et la liberté de négociation contournée. C’est une régression démocratique autant que sociale qui va clore ce quinquennat.
C’est aussi une nouvelle trahison faite aux 20 millions de salariés du privé que compte le pays, et que la crise inquiète et fragilise. Un quinquennat n’aura manifestement pas suffi à Nicolas Sarkozy pour apprendre le respect des partenaires sociaux. Il n’y a aucune raison de penser qu’un second mandat l’aiderait à sortir enfin du monologue social. Avec François Hollande, il est temps de changer de méthode et de changer de politique. Pour réinstaller de la justice et du progrès dans les réformes, il faut maintenant passer d’une logique de convocation à une logique de coproduction des lois sociales.
Déclaration de M. Guéant : pathétique de voir un ministre faire les poubelles des Le Pen
« Contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas », a déclaré hier Claude Guéant, ministre de l’Intérieur.
M. Guéant n’en est pas à son coup d’essai, et chacun se souvient de ses dérapages précédents, notamment lorsqu’il déclarait que l’augmentation du nombre de fidèles musulmans posait « problème » ou encore que « les deux tiers des échecs scolaires, c’est l’échec d’enfants d’immigrés ».
Cette nouvelle déclaration est extrêmement grave et les mots choisis font froid dans le dos. Il est pathétique de voir un ministre de la République faire les poubelles des Le Pen pour ramasser quelques voix. En temps de fragilité sociale, il est des mots avec lesquels on ne joue pas.
De droite comme de gauche, tous les Français attachés aux valeurs républicaines attendent maintenant un signe : M. Sarkozy doit impérativement rappeler à l’ordre son ministre dans les heures qui viennent. Son silence serait assourdissant pour tous les Français, et au-delà.
L’élection présidentielle tranchera entre deux orientations économiques et sociales. Mais elle arbitrera aussi entre deux systèmes de valeurs. Et M. Sarkozy pourrait payer très cher les largesses qu’il a prises de nombreuses fois avec le patrimoine républicain et tout ce qui fait que la France est la France.
Bartolone: Sarkozy mérite «l’Oscar de la meilleure mise en scène»
Retrouvez ci-dessous l’interview publiée par Le Parisien aujourd’hui.
Propos recueillis par Eric Hacquemand
Le déplacement de Nicolas Sarkozy hier dans l’Essonne aurait fait l’objet d’une mise en scène. Ca vous fait sourire ?
Claude Bartolone. Et bien pas du tout ! Il franchit un pas de plus dans la logique du trucage permanent : je suis président de la République mais pas tout à fait ; je ne suis pas candidat mais je le suis un peu tout de même, etc… Ca commence à faire beaucoup ! Plus Nicolas Sarkozy avance dans ce quinquennat, plus il s’arrange avec la vérité. Que vient faire ce goût ridicule de la mise en scène dans le cadre d’une élection présidentielle, qui doit être une rencontre sincère entre un candidat et le peuple ? Sarkozy prend le risque de donner à cette campagne une image artificielle.
Vous mettez en cause la sincerité de Nicolas Sarkozy ?
L’épisode de cette visite est un élément de plus. En terme symbolique, il est caractéristique de ce quinquennat. Si j’étais membre du jury, je lui décernerai bien volontiers l’Oscar de la meilleure mise en scène…
Toute la classe politique peut elle en pâtir ? Lire Plus
Déplacement de Sarkozy en Essonne: Le goût du trucage permanent
Ce matin, Europe 1 a révélé que la visite de chantier du président de la République en Essonne sur le thème du logement avait fait l’objet d’une soigneuse mise en scène de l’Elysée, mêlant aux ouvriers d’autres professionnels qui n’avaient rien à voir avec le chantier.
Si ces informations sont avérées – et l’Elysée ne les a pas niées – cet épisode en dit long sur le rapport à la vérité qu’entretient le président sortant avec les Français.
L’image proposée par M. Sarkozy serait visiblement truquée ; que penser alors de la sincérité de son message et de ses propositions politiques ?
A l’évidence, M. Sarkozy a de plus en plus de mal à gérer sa double qualité de président et de candidat. En faisant apparaitre des « figurants » dans son déplacement, il a confirmé son goût du trucage permanent.



