La régression de Nicolas Sarkozy vers le monologue social
Dès aujourd’hui, une loi va permettre aux employeurs d’abaisser le temps de travail et la rémunération sans l’accord explicite des salariés. Concrètement, un salarié pourra être contraint d’accepter des modifications de son temps de travail susceptibles de perturber sa vie familiale et personnelle, sous peine d’une sanction pouvant aller jusqu’au licenciement.
Le Président sortant achève donc de tourner le dos à un dialogue social qu’il prétendait encore respecter dans son allocution du 29 janvier. Les accords compétitivité vont s’imposer sans négociation avec les interlocuteurs sociaux, et l’austérité sans la moindre concertation avec les salariés.
Avec ce texte de loi, le dialogue social est une nouvelle fois piétiné, et la liberté de négociation contournée. C’est une régression démocratique autant que sociale qui va clore ce quinquennat.
C’est aussi une nouvelle trahison faite aux 20 millions de salariés du privé que compte le pays, et que la crise inquiète et fragilise. Un quinquennat n’aura manifestement pas suffi à Nicolas Sarkozy pour apprendre le respect des partenaires sociaux. Il n’y a aucune raison de penser qu’un second mandat l’aiderait à sortir enfin du monologue social. Avec François Hollande, il est temps de changer de méthode et de changer de politique. Pour réinstaller de la justice et du progrès dans les réformes, il faut maintenant passer d’une logique de convocation à une logique de coproduction des lois sociales.
Déclaration de M. Guéant : pathétique de voir un ministre faire les poubelles des Le Pen
« Contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas », a déclaré hier Claude Guéant, ministre de l’Intérieur.
M. Guéant n’en est pas à son coup d’essai, et chacun se souvient de ses dérapages précédents, notamment lorsqu’il déclarait que l’augmentation du nombre de fidèles musulmans posait « problème » ou encore que « les deux tiers des échecs scolaires, c’est l’échec d’enfants d’immigrés ».
Cette nouvelle déclaration est extrêmement grave et les mots choisis font froid dans le dos. Il est pathétique de voir un ministre de la République faire les poubelles des Le Pen pour ramasser quelques voix. En temps de fragilité sociale, il est des mots avec lesquels on ne joue pas.
De droite comme de gauche, tous les Français attachés aux valeurs républicaines attendent maintenant un signe : M. Sarkozy doit impérativement rappeler à l’ordre son ministre dans les heures qui viennent. Son silence serait assourdissant pour tous les Français, et au-delà.
L’élection présidentielle tranchera entre deux orientations économiques et sociales. Mais elle arbitrera aussi entre deux systèmes de valeurs. Et M. Sarkozy pourrait payer très cher les largesses qu’il a prises de nombreuses fois avec le patrimoine républicain et tout ce qui fait que la France est la France.
Bartolone: Sarkozy mérite «l’Oscar de la meilleure mise en scène»
Retrouvez ci-dessous l’interview publiée par Le Parisien aujourd’hui.
Propos recueillis par Eric Hacquemand
Le déplacement de Nicolas Sarkozy hier dans l’Essonne aurait fait l’objet d’une mise en scène. Ca vous fait sourire ?
Claude Bartolone. Et bien pas du tout ! Il franchit un pas de plus dans la logique du trucage permanent : je suis président de la République mais pas tout à fait ; je ne suis pas candidat mais je le suis un peu tout de même, etc… Ca commence à faire beaucoup ! Plus Nicolas Sarkozy avance dans ce quinquennat, plus il s’arrange avec la vérité. Que vient faire ce goût ridicule de la mise en scène dans le cadre d’une élection présidentielle, qui doit être une rencontre sincère entre un candidat et le peuple ? Sarkozy prend le risque de donner à cette campagne une image artificielle.
Vous mettez en cause la sincerité de Nicolas Sarkozy ?
L’épisode de cette visite est un élément de plus. En terme symbolique, il est caractéristique de ce quinquennat. Si j’étais membre du jury, je lui décernerai bien volontiers l’Oscar de la meilleure mise en scène…
Toute la classe politique peut elle en pâtir ? Lire Plus





